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Conseils généraux

 

Docteur Thierry BOYER
51 avenue Bugeaud 75116 Paris
IAL Nollet 23 rue Brochant 75017 Paris
Clinique Hartmann 26 Bd Victor Hugo 92200 Neuilly sur Seine

Vous êtes atteint(e) d'une arthrose du genou. Il s'agit d'une usure du cartilage qui entraîne une réaction de l'os et une inflammation de la synoviale. Cette affection est extrêmement fréquente et souvent parfaitement tolérée. Elle peut néanmoins provoquer des douleurs et des gonflements et s'aggraver rapidement.Un certain nombre de mesures vont essayer de rendre cette arthrose peu ou pas douloureuse, et de limiter son évolution.

1- Le poids : Il existe un lien démontré entre surpoids et arthrose du genou .Les contraintes sur le cartilage accentuent son usure. La perte de poids est une entreprise difficile mais il faut vous y atteler.Votre douleur du genou est une raison de plus pour le faire. Prenez conseil auprès d'un diététicien

 

2- L'économie articulaire : la marche modérée (en restant toujours en deçà du seuil douloureux) est conseillée mais il faut supprimer les marches prolongées sur terrain irrégulier. Le vélo (sauf problème particulier sur la rotule), la natation sont particulièrement conseillés. Les sports de contact, de ballon sont à éviter. Le ski peut être pratiqué avec modération. D'une façon générale il ne faut jamais insister sur une douleur qui augmente avec l'effort ou en cas de gonflement du genou. Dans les arthroses sévères l'utilisation d'une canne portée du côté non arthrosique, voire de deux cannes anglaises en cas de poussée, a pour but de décharger l'articulation et de réduire les douleurs.

 

3- Les semelles : un amortisseur sous le pied réduit les ondes de choc transmises à votre genou à chaque pas. L'utilisation de chaussures de jogging ou de semelles amortissantes dans des chaussures de ville est conseillée. Il faut éviter les semelles dures en cuir ou en bois. En cas de déviation de l'axe de la jambe (jambe arquée surtout) une semelle correctrice peut être prescrite.

 

4- La rééducation : son utilité est démontrée. Elle a pour but le renforcement musculaire de la cuisse , la stabilisation du genou, la conservation des amplitudes articulaires et la diminution des douleurs. Quelques séances de kinésithérapie vous permettront d'établir un programme que vous exécuterez ensuite vous même.

 

5- Le port d'une genouillère n'est pas obligatoire et peut parfois bloquer la circulation si elle est trop serrée. Néanmoins elle peut améliorer la stabilité dans les arthroses évoluées

 

6- Les médicaments proposés sont nombreux

  • Les antalgiques contenant du Paracétamol (Doliprane Efferalgan , Dafalgan ) sont prescrits en première intention. Ils n'agissent que sur la douleur, et sont à consommer à dose suffisante (4 grammes/j) au moment des douleurs.
  • les anti-inflammatoires par voie générale sont recommandés en cas d'échec ou d'emblée en cas de poussée inflammatoire (douleur la nuit, épanchement). Ils agissent sur la douleur, mais aussi sur l'inflammation, et peuvent être associés aux antalgiques. Leur utilisation était limitée par le risque de complications gastriques. Cet inconvénient est considérablement réduit grâce à l'apparition de nouveaux anti-inflammatoires, les coxibs (Célébrex, Vioxx). Ces médicaments ont une efficacité similaire aux anti-inflammatoires de référence dans l'arthrose. Contrairement à ceux-ci, les coxibs (n'ayant aucune action sur la fluidité du sang), ne doivent pas faire interrompre un traitement anti-aggrégant plaquettaire chez patients à risque cardio-vasculaire. Des articles récents dans les média attirent l'attention du grand public sur les risques de ces produits. Votre médecin vous donnera les informations scientifiques établies.
  • Les médicaments anti-arthrosiques à action lente sont prescrits de façon prolongée. Leur efficacité sur la douleur ne se manifeste qu'après plusieurs semaines.Il ont également pour but non pas de " refaire du cartilage " mais de réduire la dégradation du cartilage restant, donc de le protéger . Ils sont pour la plupart parfaitement tolérés et peuvent être associés aux autres traitements.

 

7- Les infiltrations de cortisone sont utiles en cas d'épanchement de synovie rebelle aux médicaments. Contrairement aux idées reçues, elles n'ont pas de toxicité sur le cartilage articulaire.

 

8- Les infiltrations de produits visqueux (acide hyaluronique) sont plus récentes. Ce produit, principal constituant du liquide articulaire, est diminué dans l'arthrose. Il peut être injecté en cas de douleurs persistantes après le traitement initial et préférentiellement si le genou n'est pas gonflé. Ces injections sont faites par un rhumatologue, le plus souvent à 3 reprises à 8 jours d'intervalle et leur effet dure environ 8 mois. Les complications sont rares et bénignes. Une réaction douloureuse brève, avec parfois gonflement, peut néanmoins survenir, mais ne modifie pas l'efficacité. Les produits injectables sont assez chers et seul l'un d'entre eux (Synvisc) est partiellement remboursé par l'assurance maladie. Renseignez vous éventuellement auprès de votre mutuelle.

 

9- Le lavage articulaire consiste à débarrasser l'articulation des débris de cartilage et des produits d'inflammation qui entretiennent la douleur arthrosique. Il est réalisé sous anesthésie locale à l'aide d'une ou deux aiguilles qui permettent d'injecter et d'évacuer successivement un liquide physiologique stérile. Il augmente l'efficacité des infiltrations de cortisone ou de viscosupplément.

 

10- L'arthroscopie du genou est plus aggressive mais cumule plusieurs avantages : elle permet, sous contrôle visuel de débarrasser la cavité articulaire des fragments cartilagineux quelqu'en soit leur taille, de réséquer une éventuelle languette méniscale instable, et plus généralement d'effectuer une "toilette articulaire" soigneuse.

 

11- Et la réparation du cartilage? Il n'existe aucune technique pour refaire le cartilage dans l'arthrose. Les greffes de cartilage commencent à être utilisées dans les " trous " dans le cartilage sain (après un traumatisme par exemple), mais n'ont à ce jour aucune indication dans l'arthrose.

 

12- La chirurgie dans l'arthrose propose essentiellement trois techniques selon le type et la localisation de l'arthrose:

  • L'ostéotomie consiste à modifier l'axe de la jambe quand sa déformation entraîne un appui excessif sur un coté du genou. Le chirurgien réalise l'équivalent d'une fracture et retire un " coin " triangulaire dans l'os . Il n'y a aucune interposition de matériel. Malheureusement les suites sont longues avec une suppression de l'appui pendant plusieurs mois suivie d'une rééducation. Indiquée surtout chez les sujets jeunes, cette technique implique une interruption prolongée du travail.
  • La prothèse uni-compartimentale consiste à " changer " un des compartiments du genou. Les indications en sont discutées et elles sont réservées à des cas particuliers
  • La prothèse totale consiste à " changer " les trois compartiments du genou. Elle représente la solution ultime et son indication repose sur l'appréciation de la gène fonctionnelle par le patient et non d'emblée sur l'aspect des radiographies.